Novembre 2007

Ethéré-sexuel

Libido à 0. Face à la déferlante porno ou la dictature du grand O, certains optent pour la disette de la couette. Même si YouPorn et autres apôtres de l'indécence veulent nous faire croire le contraire, le désir se retrouve parfois en grève. Panne ou abstinence ? Selon un sondage Ipsos, paru en juin 2004, 25 % des Françaises interrogées et 15 % des hommes déclaraient vivre dans la chasteté. Bigre ! Et qu'elle soit choisie ou forcée, un tiers des sondés ne semblaient guère s'en plaindre.

Le phénomène est là, commenté par la presse, disséqué par les psys. Rejetons traumatisés de parents lubriques, adeptes du 'jouir à tout prix', de plus en plus de pudiques trentenaires se montreraient réticents à la bagatelle. En clair, pas envie d'avoir envie. 

Cette tendance, totalement à contre-courant de sociétés prétendument libérées, le journaliste français Jean-François de Tonnac l'appelle la 'révolution Asexuelle'. 'No Sex last year', un ouvrage paru en 2006 sur un marché hexagonal décidèment virginal, s'intéresse lui aussi au quotidien 'normal' de couples de quasi-vestales. Flairant le scoop, le supplément italien de La Repubblica, 'D', vient de consacrer sa couverture à ces adeptes du 'no sex'.

Car à des années lumières du maniaque urbain, sur Internet, les émissaires de la pureté foisonnent. Fleuron des ayatollahs de la fornication, le virtuel asexuality.org se présente comme un 'réseau pour l'entraide et la visibilité asexuelle' et propose sur sa version française des forums aux posts instructifs, entre 'un asexuel peut-il réussir dans la vie ?' ou 'vous qui aimiez le cul...'. 

Cette caste des 'non libidoïstes' -leur sobriquet hollandais- ne sont finalement que les fidèles disciples de la 'A-pride' attitude, un mouvement prôné outre-Atlantique par un tendron dans la fleur de l'âge, David Jay. Son credo : 'l'asexualité ne concerne pas que les amibes', revendiquons fièrement notre identité de marioles anti-gaudriole ! Après le pénis superstar, voici donc venu le temps de l'austérité coïtale. A mort les libertins et autres créatures lascives, place aux Madones assurées, aux puceaux volontaires, aux saints de l'érotisme ! Sans oublier un zeste de sat(i)yre.

Blonde profonde

Les hommes préfèrent les blondes. Oblongues. Et un peu bêtes aussi. Si les boutades sur les boucles d'or décérébrées ™ font ricaner les machos de tous poils, des chercheurs en psychologie sociale de la fac de Paris X-Nanterre viennent de venger l'honneur des demoiselles platines.

Dans une récente étude, reprise par le Sunday Times, les scientifiques français ont découvert que si Miss Hilton et consoeurs étaient loin d'être cruches, elles rendaient en revanche les hommes cons.

La performance, en soi, ne semble guère difficile. Pourtant, l'arme de la blondinette pour atrophier les cervelles masculines n'est ni le décolleté panthère, ni la touffe de pouffe. Mais plutôt la force des stéréotypes.

Lors d'une discussion avec une crinière de couleur claire, les mâles verraient ainsi leur QI se réduire comme peau de chagrin, victimes du syndrome inconscient de la 'blonde bimbo'. Ebloui ou abusé par le cliché de l'idiote méchée, les hommes ont donc tendance en leur présence, à « s'adapter » au niveau supposé de leur interlocutrice en « abaissant leur seuil de raisonnement », selon les conclusions de Thierry Meyer, directeur de l'enquête. De quoi donner des idées aux brunes, qui n'ont jamais vraiment compté pour des prunes.

(Crédit photo : TJBNYC76/flickr)


 

Intell'X

Le porno chic à portée de clic : loin des haletantes choucroutes péroxydées et autres butors de couettes, de plus en plus de sites web, classes mais cash, promettent de satisfaire aux desiderata de ces dames. Littérature sensuelle, conseils charnels et vente de gadgets bien réels sont donc proposés à l'internaute à jupons en rut.

Parmi ces pionniers du X intello, très philosophie dans le boudoir, remarquons le français baptisé 'Second sexe', -à mi-chemin entre l'ouvrage de Simone de Beauvoir et Second Life- sobrement consacré à la 'sexualité féminine à travers l'art et la culture'. Le Castor s'en retournerait peut-être dans sa tombe, néanmoins si même le Monde se pâme... 'Second sexe ou la gourmandise des mots pour en parler' titre le quotidien pour évoquer le contenu 'polyvalent' de cette page snob du zob, lancée en octobre dernier par Sophie Bramly, entreprenante entrepreuse au patronyme prédestiné.

Au sommaire de la page au design léché, lecture audio des Onze Mille Verges d'Apollinaire par le poétique Joey Starr, article sur les webcams girls ou les hommes à louer, sans oublier les pragmatiques recommandations du Docteur O. Côté boutique, c'est sextos, cravache en cristaux Swarowski pour amants indociles et vibromasseur en or.

Pour le glamour, Asia Argento ou Bettina Reims devraient tourner prochainement quelques métrages coquins tandis que l'idée de la société éditrice est d'élargir cette 'médiathèque érotique' à des réalisatrices anonymes pour des productions plus... personnelles. A condition d'être membre du club du cul cérébral.

 

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